Abandonnée sous la pluie par son propre fils

 

 

Une nouvelle tendresse
Galina prit délicatement le bébé dans ses bras. La petite ouvrit les yeux et agrippa fermement la chaîne de sa grand-mère avec son minuscule doigt.

Ce contact fragile bouleversa Galina. Il ne réparait pas le passé, mais il ouvrait une porte. Une porte vers quelque chose de plus doux, de plus vrai, de moins lié au sang qu’à la reconnaissance et au respect.

Elle regarda Veronika, puis le nourrisson endormi contre elle.

« Tu sais, Veronika », dit doucement Galina Petrovna, « le plus terrible dans la vie, ce n’est pas de se retrouver seule. Le plus terrible, c’est de déposer toute son existence aux pieds de quelqu’un qui est prêt à essuyer ses chaussures sales sur vous. »

Dehors, le soleil brillait, séchant les dernières flaques. Pour la première fois depuis de longues années, Galina Petrovna respirait pleinement.

Elle avait perdu son fils. Mais elle s’était enfin retrouvée.

À retenir
Igor abandonne sa mère malade sous la pluie, loin de la ville.
Galina découvre qu’il a utilisé les huit cent mille hryvnias issus de la vente de sa datcha pour acheter un appartement à son nom.
Veronika, enceinte de cinq mois, quitte Igor après avoir compris sa cruauté.
Galina décide de se défendre avec l’aide d’un avocat et d’une témoin prête à parler.
Igor rembourse finalement l’argent pour éviter le tribunal et les conséquences professionnelles.
Galina coupe le contact avec son fils et commence à vivre pour elle-même.
Veronika donne à sa fille le prénom de Galinka en hommage à la dignité retrouvée de Galina.
Une question de dignité
Cette histoire pose une question douloureuse : faut-il tout pardonner à ses enfants au nom de la famille, même lorsqu’ils franchissent les limites de la cruauté et de la trahison ? Ou faut-il, parfois, poser un acte ferme pour leur montrer que l’amour d’une mère n’est pas une permission de tout détruire ?

Galina Petrovna a choisi de ne plus se sacrifier. Elle n’a pas cessé d’être mère par manque de cœur. Elle a simplement compris qu’une mère reste aussi une personne, avec une dignité, une santé, des besoins et le droit de ne plus servir de victime.